Paolo Fresu Text/ Vuelo FR4862 de Charleroi/Bruselas / Pilar Cossio 2015

CARAVANSERAIL / PILAR COSSIO
Paolo Fresu
Vuelo FR4862 de Charleroi/Bruselas sur a Bolonia, 08 febrero 2015

He visto al arte danzar.
Caminar en los lugares del mundo y rodar en la vida.
He visto al arte mancharse las manos fotografiando pensamientos e intentando bosquejar el lábil confín entre realidad e imaginación.
He visto un arte en tránsito.
Tan dinámica como estacionaria en su peregrinar entre los lugares del conflicto y de la poesía.
Un arte que dibuja y conmueve.
Conmueve dentro y modela fuera esbozando formas nuevas , rostros desolados o luminosos.
Toca las fibras del corazón y éstas resuenan en una armonía cósmica que es un viaje inmenso y universal. Viaje que roza los lugares del alma, Paris, Beirut, Essaouira, donde los colores son los colores de la tierra, los de las tanneries marroquíes y las blancas túnicas de los ritmos del Gnawa,.
Las luces en la noche del teatro de la Renaissance de Paris y las señales de la reciente guerra en los edificios libaneses de la antigua Berito mirando al mar.
El arte es un piano.
Que se asoma sobre un gran bulevar y sus cuerdas resuenan al paso de la gente.
Sus piernas son fuertes para sostener las ideas y sobre ellas los objetos apoyados en un íntimo coloquio multiétnico que nos conduce a Senegal, a los Tuareg del desierto, al incienso devocional, y a María Callas.
Tiene teclas de marfil africano que hacen sonar melodías ancestrales y acordes alterados con los que jóvenes mujeres se mueven ligeras con pasos de danza.
He visto desplazarse a la gente hacia Plaza de la Republica.
Con el arte entre sus manos alzadas y el corazón trise, los he seguido desde la blanca ventana, preludio del viaje hacia la libertad.
El blanco es solo uno de los colores de esta historia.
Los otros forman una infinita paleta tonal que hace vibrar los sentimientos y mitiga los contrastes entre las geishas y sus muñecas, los rojos soldados y sus botas…
El Canal San Martín es un Puerto hacia lo desconocido desde el que partir hacia Cantabria o Cardeña, una cuerda floja entre Madrid y Turín.
Osado viaje a través del conocimiento, en clave onírica .
He visto danzar al Arte, en los acordes que en mi piano ha dejado Pilar Cossio.
Paolo Fresu
Vuelo FR4862 de Charleroi/Bruselas sur a Bolonia, 08 febrero 2015

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Française:
J’ai vu l’art danser.
Marcher dans les lieux du monde et rouler dans la vie.
J’ai vue l’art se salir les mains en photographiant les pensées et en essayant de tracer la faible limite entre la réalité et l’imagination .
J’ai vu un art en transit.
Aussi dynamique que stationnaire dans ses peregrinations entre les lieux de conflits et de la poésie.
Un art qui dessine et sculpte.
Frappe à l’intérieur et modèle à l’extérieur esquissant des figures nouvelles, des visages souffrant et d’autre lumineux .
Touche les cordes du coeur et celles-ci résonnent dans une empathie cosmique qui est un voyage vaste et universel.
Voyage qui touche les lieux de l’âme entre Paris, Beyrouth et Essaouira là où les couleurs sont celles naturelles des tanneries marocaines et les tuniques blanches celles des rythmes des Gnawa, les lumières nocturnes celles du Théâtre de la Renaissance de Paris et les signes de guerre récentes épinglés sur les bâtiments libanais ceux de l’ancienne Berito qui regardent la mer.
L’art est un piano.
Il surplombe un grand boulevard et ses cordes résonnent au passage de la foule
Il a des jambs costaux pour soutenir les idées et sur lui les objets posés, dialoguent dans un colloque multiethnique serré qui amène au Senegal, aux Touaregs du désert, à l’encense de dévotion et à Maria Callas.
Il a des touches en ivoire africain qui font résonner des mélodies ancestrales et les accords altérés sur lesquelles des jeunes femmes se déplacent légères au pas de danse.

J’ai vu les gens aller vers Place de la République.
Avec l’art entre mains levées et la tristesse dans le coeur, je l’ai suivi de la blanche fenêtre qui prélude au voyage vers la liberté.
Et le blanc n’est que l’une des couleurs de l’ histoire.
Car les autres sont une infinie palette sonore qui fait vibrer les sentiments et mousse les contrastes entre les geishas, les poupées, chaussures, petits soldats rouges…
Le Canal Saint Martin est un port vers l’inconnu d’où on part pour la Cantabrie et la Sardaigne, une corde tendue entre Madrid et Turin.
Un voyage aventureux à travers la connaissance et dans le signe onirique de l’esprit.

J’ai vue l’art danser .
Dans les notes épinglées sur mon piano par Pilar Cossio
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“Splendor Solis” book:

https://issuu.com/inmasaiz8/docs/book__pilar_cossio_splendor_solis_3/1

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Slow Fire Installation Détail / photo Pilar Cossio

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Photo di Paolo Fresu: Roberto Cifarelli